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UNE VIOLONISTE "INSPIREE" SE MUE EN CHEF D’ORCHESTRE D’UN PROJET DE DEVELOPPEMENT DURABLE!...

PROJECTEUR SUR UNE VIOLONISTE DEVENUE CHEF D’ORCHESTRE D’UN PROJET DE DEVELOPPEMENT DURABLE AU MEXIQUE !



© Grupo Ecológico Sierra Gorda

L'enseignante Martha Isabel Ruiz Corzo, dite Pati.


Il y a quarante ans, Martha Isabel Ruiz Corzo, dite Pati, a quitté la ville mexicaine de Querétaro, à deux heures au nord de Mexico, avec sa famille à la recherche d'une vie rurale simple.

Elle a fini par diriger et inspirer un groupe de quelque 17.000 militants locaux pour l'environnement, qui se sont consacrés à la protection de la Sierra Gorda, une région isolée et magnifique.


Au début des années 1980, Pati a mené une carrière fructueuse à Querétaro, en tant que premier violon de l'orchestre de la ville, soliste dans deux chorales et professeure de musique dans une école privée prestigieuse.



Une vie plus simple


Elle a décidé qu'elle voulait mener une vie plus simple et a déménagé sa famille à Sierra Gorda. Ce changement radical l'a amenée à renoncer au confort urbain, à vivre sans électricité pendant cinq ans et à développer un lien plus étroit avec la nature.


Peu après son arrivée, elle s'est rendue compte de l'ampleur de la dégradation de l'environnement, avec la coupe effrénée des arbres, les incendies incontrôlés et l'ouverture inconsidérée de sentiers. Cela l'a incitée à travailler en étroite collaboration avec la communauté locale, en replantant des arbres pour faire renaître la forêt.


Leur activisme s'est finalement transformé en un projet visant à faire de la Sierra Gorda une réserve de biosphère protégée. Il a fallu faire pression sur le gouverneur de l'État et d'essayer d'obtenir des fonds étatiques et fédéraux.



© Grupo Ecológico Sierra Gorda

Une habitante de la Sierra Gorda ramasse les légumes produits dans le cadre d'un projet durable.


« Nous sommes la seule zone naturelle protégée du Mexique qui a été conçue à partir de la base », affirme Pati. Avant de soumettre cette pétition, 130 réunions ont été organisées avec les membres de la communauté pour obtenir leur consentement. Ce n’est que lorsqu'ils ont tous accepté que la demande officielle a été portée au plus haut niveau national.


En 1997, ils réussissent. La Sierra Gorda est nommée réserve de la biosphère mondiale, exactement dix ans après que les communautés de montagne, dirigées par Pati et sa famille, aient lancé le groupe écologique de la Sierra Gorda, une organisation de la société civile qui a pour mandat officiel de conserver la biodiversité et collecter des fonds pour mettre leurs plans en œuvre.


La zone protégée couvre près de 385.000 hectares, soit presqu’un tiers de l'État de Querétaro. Une fois le statut de réserve de biosphère obtenu, les projets du groupe écologique, notamment l'éducation à l'environnement et les activités de reboisement, ont commencé à prendre de l'ampleur et à s'étendre à certaines zones de la Sierra Gorda en dehors de Querétaro.




© Grupo Ecológico Sierra Gorda/Roberto Pedraza Ruíz

Don Blas Fonseca, participant à un projet de restauration forestière dans la Sierra Gorda de Querétaro.




Des projets primés


Aujourd'hui, plus de 17.000 membres des communautés de montagne participent à des activités liées à l'amélioration de l'assainissement, à l'éducation, à la formation, à la diversification agricole, à la production alimentaire et à la régénération des ressources forestières.

Les réalisations du groupe écologique Sierra Gorda lui ont valu des éloges aux niveaux national et international, comme le prix Équateur 2021 récemment décerné par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

L'Organisation mondiale du tourisme, le Programme des Nations Unies pour l'environnement et le National Geographic ont également reconnu le travail du groupe.


Parmi les programmes les plus reconnus du groupe figure un programme lié à la foresterie durable. Il repose sur un système de « paiement pour services environnementaux », qui permet également de surveiller le carbone dans les forêts de la Sierra Gorda.


Miguel Flores Pedraza, un propriétaire forestier de 60 ans, participe à ce projet depuis une décennie, consacrant ses terres - une centaine d'hectares - à la conservation.

« J'ai reçu l'aide pour le paiement des services environnementaux ou la capture du carbone et d'autres avantages, en laissant les terres dans leur état naturel afin qu'elles puissent se régénérer », dit-il. « Ce projet nous a beaucoup aidés puisque c'est un revenu qui nous compense ».

« Si j'amenais cinq ou dix têtes de bétail, en pâture sur ces terres, cela me donnait un bénéfice moyen de 50.000 pesos. C'est exactement ce que je reçois aujourd'hui pour le paiement des services environnementaux par le groupe écologique », précise le propriétaire forestier.

« Cela me satisfait économiquement et m'a également sensibilisé aux questions écologiques. J'ai aimé voir que l'environnement s'enrichit, que les écosystèmes se restaurent, que la diversité de la flore et de la faune augmente. Aujourd'hui, sur mes terres, je vois des sangliers et des pumas qui, il y a trente ans, n'apparaissaient pas dans cette région », se réjouit-il.


Pour que les rouages de cette nouvelle économie de la conservation de l'environnement restent bien huilés, il faut du temps et beaucoup de travail, non seulement de la part des propriétaires des terres, mais aussi de ceux qui sont chargés de concevoir, de mettre en œuvre et de contrôler les projets.




L'éducation, la meilleure arme



© Grupo Ecológico Sierra Gorda

Des enfants des écoles de Sierra Gorda, Queretaro, Mexique, apprennent à respecter l'environnement dans une salle de classe tout en dégustant des aliments produits localement.


Un exemple est l'écotourisme, qui a débuté avec succès dans une zone appelée Cañada de las Avispas, utilisée pour l'apiculture.


« Nous avons commencé l'aventure en construisant des cabanes », se souvient Pati. Nous avions une excellente équipe et nous avons créé de magnifiques cabanes. Nous avons créé un atelier de menuiserie dans le village et un célèbre professeur est venu vivre dans la communauté, pour former les jeunes. Vous ne pouvez pas imaginer tout le travail que ce projet a nécessité ! », se rappelle-t-elle.


Pour Pati, l'éducation est la meilleure arme pour défendre et restaurer la nature. C'est pourquoi, il y a 34 ans, elle a commencé à faire le tour des écoles de la montagne avec un accordéon, chantant avec les enfants et les éduquant à l'environnement.

Aujourd'hui, entre les mains des enseignants, le programme fonctionne dans les plus de 150 écoles de la région.


Résultat : la population est désormais sensibilisée à ces questions et, dans certaines municipalités, les membres du cabinet sont des écologistes.

« Si vous allez au marché et que vous parlez de la campagne zéro déchet, les gens savent de quoi il s'agit. Les commerçants sont favorables à la campagne et demandent aux gens d'apporter leurs propres conteneurs et paniers. Il n’y aucun doute que l'éducation à l'environnement fonctionne », dit-elle.


« Les personnages clés sont les enseignants », souligne-t-elle, estimant que le seul espoir pour la planète est celui qui peut être généré par une vision différente, « en encourageant chez les enfants l'amour de la terre ».


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