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DROITS des FEMMES : UN PARADOXE MONDIAL INQUIETANT ET DEROUTANT !...

Dernière mise à jour : 25 juin

Plus que jamais au cœur de nombreux combats, désormais reconnus sur certains territoires de la planète (Mouvements de lutte égalitaires comme #metoo, #femen…Etc), les droits des femmes subissent paradoxalement une forte régression, non seulement selon les sociétés et régimes où elles vivent, mais aussi là où leurs droits étaient actés de longue date !...


Photo: Michaël Monnier - Le Devoir Des participantes de tous les âges et de tous les horizons ont pris part au Forum qui a conclu les États généraux sur le féminisme, à l’Université du Québec à Montréal



Après la décision de la Cour Suprème des Etat Unis en cette fin juin 2022 de remettre clairement en cause le "droit à l'avortement", les femmes sont sous le choc de ce "recul" particulièrement inquiétant... Elles le manifestent ce 24 juin Place de la République à Paris...






L'égalité des sexes offre une voie vers une paix durable et la prévention des conflits mais « nous nous dirigeons dans la direction opposée », a regretté le Secrétaire général de l’ONU

Les femmes et les filles sont touchées de manière disproportionnée par la violence et les impacts socioéconomiques des conflits armés, et face aux troubles politiques et aux prises de pouvoir par la force dans le monde, les progrès en matière d’égalité de genre sont en recul.


Le chef de l'ONU Antonio Guterres s’est notamment inquiété d’un « écart béant » entre les engagements des nations, et la réalité vécue par les femmes en temps de guerre, et a dressé un sombre tableau de la situation, conflit par conflit:

« En Afghanistan, les Talibans ont nommé un gouvernement d'hommes, fermé les écoles de filles, interdit aux femmes de montrer leur visage en public et restreint leur droit de sortir de chez elles. Près de 20 millions de femmes et de filles afghanes sont réduites au silence

Au Myanmar, depuis le coup d'État militaire, « Les femmes ne peuvent pas s'exprimer ouvertement et n'ont aucune voie vers la participation politique »

Au Mali, « les femmes s'appauvrissent et se marginalisent de plus en plus à mesure que le pays subit des coups d'État militaires successifs, et les extrémistes représentent une menace encore plus grande ».

Dans ces conflits, ce sont les hommes qui sont au pouvoir et les femmes qui sont exclues, avec leurs droits et leurs libertés délibérément ciblés, a poursuivi le chef de l’ONU, qui a dénoncé « les déséquilibres de pouvoir » et « le patriarcat ».



Régressions au Soudan, Afghanistan...

Violences sexuelles en Ukraine...


En Ukraine, « l'invasion russe a contraint des millions de femmes et d'enfants à fuir leur pays du jour au lendemain, les exposant au risque de trafic et d'exploitation de toutes sortes », alors que le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme a reçu 124 rapports de violences sexuelles liées à ce conflit, la plupart commises contre des femmes et des filles. Sachant que « pour chaque femme qui signale ces crimes horribles, il y en a probablement beaucoup d'autres qui sont tenues au silence… »


© UNICEF/Nikita Mekenzin

Des femmes et des enfants montent à bord de trains à la gare de Lviv en Ukraine.

Les allégations de violences sexuelles commises par les troupes russes en Ukraine se multiplient, a déclaré lundi une haute responsable de l'ONU au Conseil de sécurité, exprimant ses regrets face à un décalage flagrant entre cette douloureuse réalité et l'ambition de la communauté mondiale de mettre fin à l'utilisation du viol comme arme de guerre.


Pramila Patten, Représentante spéciale du Secrétaire général pour la violence sexuelle dans les conflits armés : « Trop souvent, les besoins des femmes et des filles dans les situations de conflit ont été mis de côté et traités après coup », a-t-elle déclaré, se félicitant que le cadre nouvellement signé en fasse une priorité explicite.


Photo ONU Pramila Patten, Représentante spéciale du Secrétaire général sur la violence sexuelle dans les conflits, devant les membres du Conseil de sécurité.



Réalité « douloureuse »


Rappelant les nombreuses résolutions du Conseil de l’ONU - soutenues par le droit international - interdisant l'utilisation de la violence sexuelle comme tactique de guerre, la Représentante spéciale a souligné le gouffre entre ces engagements et la situation de nombreuses femmes dans le monde.

Les femmes et les filles constituent la plupart des victimes présumées, tandis que certains cas signalés de violence sexuelle concernaient également des hommes et des garçons.


© IMF - Une mère et son fils attendent d'être évacués de la ville assiégée de Mikolayiv, en Ukraine.


Une ligne d'assistance téléphonique nationale sur la violence domestique, la traite des êtres humains et la discrimination fondée sur le sexe a été mise en place et a reçu de multiples rapports choquants allant du viol collectif à la coercition, où des proches sont contraints de regarder un acte de violence sexuelle commis contre un partenaire ou un enfant.



Urgence des actions


Dans ce contexte, Mme Patten a exhorté les acteurs humanitaires à accorder la priorité au soutien aux survivants de violences sexuelles et sexistes en tant qu'élément vital de leur travail. Elle a également mis en garde contre le fait d'attendre trop longtemps pour agir.



Les risques de traite sont « évidents et alarmants »


Des dispositions du cadre de coopération récemment signé contribuera à renforcer la coopération entre ceux qui luttent et découragent la violence sexuelle en Ukraine.

Ce cadre vise également à réduire le risque posé par les trafiquants d'êtres humains à ceux qui fuient l'Ukraine et à fournir des services aux victimes.


Les défis de protection auxquels sont confrontés près de 6,8 millions de personnes qui ont fui le pays sont sans précédent, et que les risques accrus de traite des personnes - y compris à des fins d'exploitation sexuelle et de prostitution - sont « d'une évidence alarmante » depuis le début du conflit.

Dans ce contexte, elle a exhorté le Conseil de sécurité et la communauté mondiale des donateurs à se montrer solidaires avec les autorités ukrainiennes et les entités des Nations Unies pour soutenir la mise en œuvre du cadre de coopération.


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Au Soudan, deux ans après la célébration du rôle des femmes dans la révolution, un nouveau coup d'État a interrompu la transition, anéanti leurs espoirs et la violence à l'égard des femmes se poursuit. Des millions de filles non scolarisées et sans perspective de formation, d'emploi ou d'indépendance financière, et un nombre croissant de femmes et de filles victimes de violences domestiques.


« La misogynie et l'autoritarisme se renforcent mutuellement, et sapent l’établissement de sociétés stables et prospères ». A. GUTERRES



Le salut passe par les organisations régionales et la participation des femmes au règlement des conflits


En Afrique occidentale et centrale, l’ONU travaille en étroite collaboration avec la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) afin de garantir la participation des femmes à la médiation des conflits.


La participation des femmes aux activités de médiation des conflits est essentielle pour y mettre fin, a rappelé M. Guterres. « Leurs analyses sont indispensables pour comprendre la dynamique des conflits et élaborer des stratégies efficaces de prévention et d’intervention ».



Retour à des décennies en arrière


La Directrice générale d'ONU Femmes, Sima Bahous, a souligné l'impact des conflits sur les femmes et les filles, qui s'étend de la perturbation de leur l'éducation aux mariages précoces, en passant par les violences sexuelles et sexistes, l'insécurité alimentaire, le manque de moyens de subsistance ainsi que l'accès au logement, à l'eau et l'assainissement et à la dignité.


En Afghanistan : « L’oppression systémique institutionnalisé des femmes » s'instaure peu à peu…


© PAM/Julian Frank

Des femmes dans un marché dans la province de Balkh en Afghanistan

Depuis le retour au pouvoir des Talibans en août 2021, le peuple afghan vit « l’un des moments les plus sombres de toute une génération », a dénoncé Michelle Bachelet, Cheffe des droits de l’homme de l’ONU, relevant que la « situation des femmes est désormais critique ».


Bien que l’Afghanistan ait ratifié plusieurs traités internationaux, les autorités de facto sont loin de se conformer à ces obligations internationales, tant en matière de politique que de pratique, pour respecter et protéger les droits des femmes et des filles.



Plus d’un million de lycéennes privées d’écoles


Et malgré la promesse d’un régime plus souple que la stricte application de la loi islamique qui avait caractérisé le premier passage des Talibans à la tête du pays, entre 1996 et 2001, un grand nombre de restrictions a déjà fait son retour.

L’Interdiction d’un enseignement secondaire de qualité pour les filles, qui touche directement 1,1 million de lycéennes, se poursuit, et les prive d’avenir.


Des dizaines de milliers d’écolières ont été exclues des écoles secondaires afghanes, alors que beaucoup de femmes occupant des postes de fonctionnaire n’ont pas pu reprendre le travail. Les femmes se sont également vu interdire de voyager seules, et ne peuvent se rendre dans les parcs et jardins publics de Kaboul que certains jours, les autres étant dévolus aux hommes.

Depuis mars, l’application d’une règle stricte en matière de hijab se poursuit…

Des barrières sont en place pour l’accès des femmes à l’emploi, y compris pour les travailleuses des ONG dans l’exercice de leurs fonctions.



Une oppression institutionnalisée des femmes


Les femmes n’ont aucune possibilité de participer à la vie publique et politique ;

Leur liberté de mouvement a été sévèrement limitée ;

«Mais elles continuent à réclamer courageusement le droit d’être entendues », a détaillé Mme Bachelet, louant le courage de femmes et hommes, qui s’efforcent de construire « une société juste et équitable où les droits de tous sont respectés ».


© UNICEF/Alessio Romenzi

Des femmes attendent dans une clinique en Afghanistan.



Il faut écouter et entendre les voix des femmes et des filles


Après des années de conflit, et depuis la prise du pouvoir par les Talibans en août dernier, le pays est plongé dans une profonde crise économique, sociale, humanitaire et des droits de l’homme.


Selon l’ONU, avec des taux de chômage en hausse actuellement, plus de 90% des ménages sont confrontés à un niveau élevé d’insécurité alimentaire, avec un impact différentiel et dévastateur sur les personnes les plus vulnérables - ménages dirigés par des femmes, personnes âgées, personnes handicapées et enfants.


« Pour amener la société afghane vers la paix, il est crucial que tous les Afghans soient représentés dans les processus de décision politique », a fait valoir Mme Bachelet, avant d’ajouter : « Cela implique d’écouter les voix des femmes et des filles ».

La Cheffe des droits de l’homme demande également à la communauté internationale de veiller à ce que des fonds supplémentaires soient immédiatement mis à disposition pour permettre aux Afghans de dépasser durablement les crises économique et humanitaire actuelles.


Malgré de nombreux progrès institutionnels (Notamment résolution 1325 de l’ONU…), presque chaque fois qu'il y a des négociations politiques, des pourparlers de paix, on se demande où sont les femmes ?....






ZOOM sur deux témoignages bien trop rares… Espoirs...


Une parlementaire namibienne de 22 ans, Vice-ministre et lauréate d'un prix de l'UNFPA

Emma THEOFELUS



UNFPA

Emma Theofelus, Vice-Ministre de l'information en Namibie a reçu le Prix individuel des Nations Unies pour la population 2022.


Le prix individuel a été décerné à la jeune parlementaire namibienne Emma Theofelus, tandis que le prix institutionnel a été attribué au Conseil national de la population et de la planification familiale d'Indonésie.


Mme Theofelus est députée du Parlement namibien et actuellement Vice-ministre de l'information. Elle est la plus jeune lauréate à obtenir le prix.

Mme Theofelus a été récompensée pour son travail de défense de l'autonomisation des femmes et de la santé sexuelle et reproductive des adolescentes en Namibie. Née en 1996, elle est l'une des plus jeunes ministres d'Afrique. Sa vision prenant en compte les préoccupations des jeunes femmes, ainsi que son expérience en tant que défenseure de la santé reproductive et sexuelle, lui permettent de s'adresser directement aux jeunes namibiens.

En tant que Vice-ministre, elle a mené la campagne de communication publique sur la prévention de la COVID-19 en Namibie. En tant que députée, elle a été à l'origine d'un texte de loi supprimant les taxes sur les produits d'hygiène féminine.

Avant sa nomination, elle a mené des actions pionnières pour lutter contre les grossesses précoces et protéger la santé sexuelle et reproductive des jeunes.





Une réfugiée sud-soudanaise, victime de violence, et en quête d'autonomie, aide les autres à surmonter leur traumatisme

Rose Mary TIEP : Temoignage


Eva Sibanda/ ONU Femmes

Rose Mary Tiep bénéficie d'un programme soutenu par l'ONU dans le camp de réfugiés Omugo II, en Ouganda.

Rose Mary Tiep a fui la violence domestique et la guerre au Soudan du Sud il y a cinq ans. Aujourd'hui, dans un camp de réfugiés en Ouganda, elle aide les autres à surmonter un traumatisme, dans le cadre d'un programme d’appui soutenu par l'ONU.


Mme Tiep vit et travaille à Omugo II, une extension du camp de réfugiés de Rhino Camp, qui abrite 43.000 réfugiés du Soudan du Sud.

Après avoir reçu des conseils de l’initiative Spotlight, un partenariat entre l’ONU et l’Union européenne, elle est devenue assistante de soutien psychosocial bénévole auprès d'une ONG en Ouganda, aidant d'autres femmes et enfants à se sortir et à se remettre de situations violentes.

« Deux choses m'ont amené à fuir le Soudan du Sud : la guerre et mon mari violent. Je vivais à Yei, au Soudan du Sud, travaillant pour une organisation qui s'occupait des cas de violence contre les femmes.

La vie était belle, j'avais de l'argent et un logement. J'ai même pu acheter une voiture avec mes gains. Cependant, je sais maintenant que même si vous avez des ressources, si vous avez du stress dans votre esprit, vous pouvez devenir fou.Mon mari me battait. C'était un soldat et il menaçait de me tirer dessus.

Parfois, je dormais dans la brousse. Il sentait que les enfants me préféraient, et il se mettait en colère à cause de cela, mais les enfants connaissent l'amour et c'est pourquoi ils me préféraient. J'ai décidé de le quitter.

J'ai fui en août 2017 et suis arrivée en Ouganda quatre jours plus tard, après un voyage douloureux avec mes cinq enfants. J'étais incapable de transporter de la nourriture; parce que les enfants étaient si jeunes, je devais les porter. Nous avons marché en utilisant des routes secondaires parce qu’en marchant sur la route principale, on aurait été tué par les rebelles. Les rebelles voulaient me capturer comme épouse car ils savaient que j'avais de l'argent.

Une fois arrivés à la frontière, nous avons été accueillis par l'ONU qui a aidé à nous transférer dans le camp.



Eva Sibanda/ ONU Femmes

Rose Mary Tiep, une réfugiée sud-soudanaise dans le camp Omugo II, en Ouganda, fait la traduction pour une membre de la communauté.


S'adapter à une nouvelle vie et à de nouveaux défis


Quand je suis arrivée à Omugu II, je voulais mourir. J'étais seule, je m'isolais et me plaignais. Au Soudan du Sud, j'allais bien.


En tant que réfugiés, nous sommes victimes de discrimination. Parfois, la communauté d'accueil revendiquera la terre comme la sienne. [Dans le camp, chaque foyer de réfugiés se voit attribuer une terre pour planter de la nourriture.] Même s'ils vous harcèlent, vous n'êtes pas autorisé à leur répondre, ou ils réagissent violemment.

La communauté d'accueil est irritée que nous utilisions leur terre, mais ce n'est pas leur terre, c'est la terre de Dieu.

La communauté d'accueil parle lugbara, nous ne pouvons donc pas communiquer.

Les séances de conseil psychosocial [avec TPO Ouganda, un partenaire d'ONU Femmes] m'ont beaucoup aidé.

Je peux subvenir aux besoins de mes enfants maintenant. Grâce au soutien psychosocial que j'ai reçu, j'ai pu être une meilleure mère.

A la fin des séances de conseil, j’ai mobilisé des groupes de femmes et nous discutions. J'ai transféré les connaissances que j'ai acquises à la communauté -

J'ai poursuivi le travail que j'avais laissé au Soudan du Sud. J'ai choisi de m'inscrire en tant qu'assistante psychosociale volontaire auprès de TPO Ouganda.

Avec la confiance que j'ai acquise, j'aide maintenant les familles victimes de violence et je fais des références aux partenaires, à la police et à la garde d'enfants, si le cas l'exige.


Etre reconnue au sein de la communauté et avancer vers l’autonomisation des femmes !...


Nous apportons un soutien psychosocial aux enfants qui ont perdu leurs parents et j'ai appris à identifier les cas de violence sexiste.

Je pose généralement des questions aux femmes, en utilisant ma propre expérience de vie comme exemple.


La formation de bénévole m'a changé et je suis maintenant reconnue dans la communauté. J'ai changé la vie des membres de la communauté qui ont subi des violences et j'ai été inscrite en tant que représentante des femmes dans la communauté d'Omugo.

Je me sens en confiance et à l'aise dans mon travail.

J'aurais aimé que mes enfants puissent grandir ailleurs, et non dans un camp.

Je veux m'assurer qu'ils apprennent, qu'ils aillent à l'école et qu'ils obtiennent un emploi.

Un jour je serai vieille, je veux les préparer pour l'avenir ».

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