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FEMMES AU CŒUR DES DEPLACEMENTS DE POPULATIONS…

FEMMES AU CŒUR DES DEPLACEMENTS DE POPULATIONS:

Changements climatiques ou terrorisme…, les femmes sont plus que majoritaires dans les déplacements qui s’imposent aux populations.




Photo ONU/Eskinder Debebe

Une famille déplacée marche dans un camp de fortune à Ouallam, au Niger.

Des rangées d'abris de fortune recouverts de bâches blanchies par le soleil et abimées par le vent se fondent dans un environnement gris, poussiéreux et desséché. Il est midi et les températures ont atteint un niveau extrêmement chaud et sec de 44 degrés Celsius.

Nous sommes dans le district de Ouallam, l'un des endroits les plus chauds du Niger, dans l'un des pays les plus chauds d'Afrique, où la pluie tombe rarement et avec parcimonie, mais où des communautés peuvent trouver un refuge contre les actes de violence et les activités terroristes qui frappent la région.


Ouallam et deux autres districts voisins du nord du Niger abritent actuellement quelque 28.000 personnes qui ont fui leur foyer à cause de la violence, notamment des actes terroristes, dans la région instable du Sahel. Environ 8.000 personnes ont fui le Mali voisin au nord et 20.000 autres ont été déplacées de 18 villes et villages voisins.

À Ouallam, M. Siddou a retrouvé d'autres communautés déplacées de toute la région, qui ont quitté des villages et des villes désormais vides et laissé des écoles sans surveillance. De nombreux enfants ne sont pas allés en classe depuis 2017.




ONU Info/Daniel Dickinson

Aminata Walet Issafeitane, du Mali, vit à Ouallam depuis dix ans.


Et ils ont rejoint des réfugiés du Mali, dont Aminata Walet Issafeitane, qui est présidente d'un comité de femmes réfugiées à Ouallam, et qui a fui son pays natal il y a dix ans.

Elle raconte une histoire similaire de vol et de violence : « Nous sommes un peuple nomade et pastoral et notre destin a été changé lorsque des groupes armés ont volé notre bétail ».

Comme de nombreux personnes réfugiées et déplacées, sa communauté a dû faire face à des changements sans précédent. « Nous sommes aujourd'hui contraints de nous transformer en un peuple sédentaire ; une vie à laquelle on essaie de s'adapter tant bien que mal en dépit de la sévère sécheresse et du manque d'eau qui ne nous permettent pas de pratiquer l'agriculture ; les quelques animaux que nous avons maintenant ne peuvent pas trouver de pâturage. Cela aggrave l'insécurité alimentaire que nous subissons tous », raconte-t-elle.


Dans tout le Niger, quelque 80% de la population nigérienne de 25 millions d'habitants dépendent de l'agriculture pour survivre.



Microcosme des défis auxquels le Niger est confronté


Ouallam et les districts environnants sont un microcosme des défis auxquels est confronté le Niger, un pays enclavé d'Afrique de l'Ouest où, selon l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), quelque 264.000 Nigériens sont déplacés à l'intérieur du pays en raison d'une série de facteurs, notamment la détérioration de la sécurité et les effets de conditions climatiques changeantes ainsi que le surpâturage et la déforestation.

Le HCR indique qu'il y a également plus de 250.000 réfugiés des pays voisins au Niger. Rien qu'en mars 2022, les partenaires de l'ONU ont signalé que plus de 17.600 personnes ont été déplacées vers le Niger, principalement des Nigériens rentrant chez eux, mais aussi des réfugiés maliens.

Les agences des Nations Unies et leurs partenaires fournissent un appui humanitaire et en matière de développement à travers le Niger.

On estime que 6,8 millions de personnes souffrent d'insécurité alimentaire chronique et ne mangent pas à leur faim, année après année. Les faibles précipitations et les attaques dans les zones de production agricole se sont une fois de plus conjuguées pour réduire et limiter la quantité de nourriture produite par les agriculteurs.

Malgré la combinaison des crises, le plan de réponse humanitaire 2022 pour le Niger n'est financé qu'à hauteur de 8,7%.



Photo ONU/Eskinder Debebe

Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, parle à des femmes déplacées à Ouallam, au Niger.




L'ONU « Porte-parole » des déplacés


Le Secrétaire général de l'ONU, M. Guterres a déclaré qu'il ferait tout son possible pour soutenir l'amélioration de leur vie. « Je serai votre porte-parole et j'exigerai que la communauté internationale non seulement fournisse l'aide humanitaire dont vous avez besoin, mais soutienne également le développement, car c'est avec l'éducation, la santé et la création d'emplois que le terrorisme peut être vaincu », a-t-il dit.

Et il a averti qu'il y avait « des terroristes qui disent qu'ils agissent au nom de Dieu ; c'est une fausse affirmation ». « Dans tous les textes sacrés de l'islam, il y a une condamnation de la violence et de toute guerre menée par un musulman contre un autre musulman », a-t-il ajouté.

Il a de nouveau appelé la communauté internationale à soutenir le Niger en le qualifiant de « pays démocratique avec une bonne gouvernance », mais « pas suffisamment équipé » pour lutter contre le terrorisme.



Sahel : l’OMS débloque plus de 8 millions de dollars pour l’action humanitaire



© PAM/Cheick Omar Bandaogo

Des personnes déplacées font la queue pour une distribution de nourriture à Gorom-Gorom, au Burkina Faso.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a débloqué 8,3 millions de dollars de son fonds de réserve pour les urgences pour venir en aide à 10,6 millions de personnes qui ont besoin de services de santé d’urgence dans la région du Sahel.

Les organismes d’aide humanitaire et les gouvernements estiment que 33,2 millions de personnes sont confrontées aux effets dévastateurs des conflits armés, de l’insécurité, de l’insécurité alimentaire et des déplacements de populations dans le Sahel.


« Les conflits armés et les conséquences de plus en plus graves du changement climatique font subir de terribles souffrances à des millions d’enfants, de femmes, de familles et même à des communautés entières dans la région du Sahel », a expliqué le Dr Abdou Salam Gueye, Directeur pour les urgences sanitaires au Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique.

Les fonds permettront de fournir des services de santé essentiels à la fois aux populations vivant dans des camps et sites de déplacés ainsi qu’aux personnes touchées par des épidémies dans six pays de la région, a indiqué l’OMS.

Ainsi, au Burkina Faso, près de 500.000 personnes ont été déplacées par les conflits armés en 2021.

Au Mali, 25% des services de santé connaissent toujours des perturbations liées aux répercussions néfastes de la Covid-19.

Le Cameroun est aux prises avec une épidémie de choléra, tandis que le Tchad est confronté à une épidémie de fièvre jaune.


L’OMS a indiqué qu’elle s’emploiera à améliorer le traitement de la malnutrition au Burkina Faso, à renforcer le diagnostic du choléra au Cameroun, à fournir des services essentiels à 100.000 personnes au Tchad, à déployer des psychologues dans les 10 régions du Mali, à équiper et à former quatre équipes de riposte aux épidémies au Niger, et à rétablir les services dans deux hôpitaux au nord-est du Nigéria, qui accueillent quelque 300.000 personnes.

© OCHA/Michele Cattani

Sahel : des femmes déplacées par le changement climatique préparent de la nourriture dans un camp informel à Bagoundié, au Mali.



Les indicateurs de santé dans le Sahel sont parmi les plus faibles au monde


Cette région de l’Afrique affiche des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde, avec 856 décès pour 100 000 naissances vivantes.

Une situation qui peut être expliquée par un accès insuffisant aux soins de santé maternelle et reproductive, couplé à une forte proportion de mariages précoces, a indiqué l’OMS.

Les attaques armées contre les civils et les infrastructures publiques, y compris les établissements de santé et les écoles, la sécheresse, la dégradation des sols et les conditions météorologiques imprévisibles aggravent le quotidien de millions de personnes dans le Sahel.


Ainsi, les conflits et l’insécurité constituent des obstacles majeurs à l’acheminement de l’aide humanitaire. Ils entravent la fourniture de médicaments essentiels par les équipes et les partenaires de l’OMS, et la participation des communautés aux programmes de santé publique tels que les services d’adduction d’eau et d’assainissement, la distribution de moustiquaires et l’administration des vaccins de base aux enfants.


Malgré les besoins pressants et l’urgence de venir en aide à des millions de personnes dans le besoin au Burkina Faso, au nord du Cameroun, au Tchad, au nord-est du Nigéria, au Mali et au Niger, seule la moitié des 3,7 milliards de dollars requis pour fournir une assistance d’importance vitale dans la région a été mise à disposition en 2021, a signalé l’OMS.


Au Burkina Faso, les violences et l’insécurité ont déraciné plus de 100.000 personnes (ONU)

Photo : OCHA/Otto Bakano

L'est du Burkina Faso a connu deux attaques meurtrières en moins d'une semaine.


Le Burkina Faso est confronté à une crise humanitaire sans précédent dans laquelle la violence armée et l’insécurité ont provoqué des déplacements de population massifs dans le nord du pays, détériorant davantage la situation de certaines des communautés les plus vulnérables.


Comme Yirgou, une dizaine de villages de la région ont été touchés par des violences intercommunautaires. « La vie s’est arrêtée en quelques minutes », a déclaré Eve Sabbagh, une fonctionnaire de l’information du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) pour l’Afrique de l’Ouest et centrale qui s’est rendue sur place et a pu constater la désolation dans les villages attaqués.


Plus au nord, dans la région du Sahel, le village de Gasseliki a subi une attaque terroriste. 12 personnes ont été tuées et deux autres blessées. « Mon oncle est mort quand des hommes armés ont attaqué Gasseliki » a dit Bibata, une femme âgée de 26 ans. « Je suis allé à l'enterrement. Les gens fuyaient. J'ai couru à la maison, prévenu notre village. La première épouse de mon mari et moi avons pris les enfants, les animaux et avons marché pendant des jours », a-t-elle confié à la fonctionnaire d'OCHA.


Les attaques au Burkina Faso ne sont pas un fait nouveau. En 2018, plus de 220 incidents sécuritaires ont été rapportés dans ce pays d’Afrique de l’Ouest plus particulièrement dans sa partie nord proche de la frontière avec le Mali et le Niger. Des incidents qui ont bouleversé les moyens de subsistance et le mode de vie des communautés de la région.

« Pour les personnes qui ont été attaquées par des groupes armés et ont dû fuir leurs maisons, de petites choses telles qu’une marmite, un seau et une tasse font une énorme différence », a expliqué Mme Sabbagh sur son compte Twitter.


Les conflits et les affrontements intercommunautaires au Burkina Faso ont déraciné plus de 100.000 personnes dans les régions du Nord, du Centre-Nord et du Sahel, dont plus de la moitié (60.000) rien qu’au cours des deux premiers mois de l’année 2019.

Ces déplacements massifs de population ont plongé le « Pays des hommes intègres » dans une crise humanitaire sans précédent.



Au Sahel, la situation humanitaire se dégrade en raison d’une insécurité croissante (ONU)



OCHA/Otto Bakano

Une jeune fille devant une marmite dans un camp pour personnes déplacées à Barsalogho, dans la région du Centre-Nord, du Burkina Faso. Plus de 100.000 personnes ont été déracinées de leurs foyers en raison d'affrontements intercommunautaires.


De hauts responsables des Nations Unies ont tiré mercredi la sonnette d'alarme face à la montée des conflits et de l'insécurité dans le Sahel qui a provoqué des déplacements massifs de populations.


Environ 4,2 millions de personnes sont déplacées dans le Sahel, contre 3,2 millions en 2018, en raison de l'escalade de la violence armée dans certaines régions du Mali, dans le bassin du lac Tchad et dans le Liptako-Gourma, une région à cheval sur le territoire du Burkina Faso, du Mali et du Niger.


Le nombre de personnes déplacées au Mali a triplé pour atteindre environ 120.000. La région du bassin du lac Tchad enregistre 2,7 millions de déplacements forcés, alors que plus de 100.000 personnes ont été déracinées au Burkina Faso, dont plus de la moitié depuis le début de 2019.

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