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CHINE : Les droits de protection des femmes avancent à "tous petits pas" !...


Des députées étaient venues applaudir à l'ouverture du 9ème congrès des Femmes chinoises à Pékin en août 2003...

Plus de 1300 déléguées de toute la Chine ont évoqué les droits des femmes... à l'exclusion des violences conjugales!

Xinhua Photo/Liu Yu


Violences conjugales, un des plus grands tabous en Chine…


Le gouvernement chinois a planché pendant des mois sur une loi pour contrer les violences conjugales, un sujet tabou dans le pays.

Une véritable révolution car près d'une femme sur deux serait victime de violences physiques et sexuelles de la part de leur conjoint, selon l'ONU.

Des millions de femmes en Chine seraient victimes de violences conjugales chaque année, mais elles restent le plus souvent silencieuses.


Selon les groupes de femmes, il s'agirait d'un des plus grands tabous dans le pays. Pour la première fois de son histoire, Pékin a envisagé une loi pour contrer le phénomène, qui obligerait notamment les policiers à intervenir en cas d'appels à l'aide.

Une avancée incontestable mais les ONG regrettent que cette loi ne concerne que les femmes mariées, excluant de fait les unions libres et les divorcées, et ne prenne pas en compte les violences sexuelles. Moins de deux décennies plus tôt, les violences conjugales n'étaient pas recevables juridiquement pour demander un divorce en Chine, jusqu'à un amendement de la loi sur le mariage en 2001 interdisant formellement et pour la première fois la violence conjugale. Mais en l'absence de définition légale de ces violences, nombre de victimes se retrouvaient dans un dédale bureaucratique, entre plaintes à la police, au comité de quartier ou à l'association des femmes chinoises.

Les centres d'accueil aux victimes et les décisions judiciaires d'éloignement des auteurs de violences sont aujourd'hui quasi inexistants en Chine.

Zhang Hongyan, mère de famille de 40 ans, victime de violences conjugales en Chine

Yvan Côté / Radio-Canada 2015


La Chine adopte une loi contre les violences conjugales


Le vote est passé quelque peu inaperçu, relégué par l'expulsion d'une journaliste française de Pékin, les autorités appréciant peu ses écrits…

Le parlement chinois a adopté le 27 décembre 2015 un texte interdisant toute forme de violence domestique, physique autant que psychique, et cela dans toutes les familles, les couples mariés ou les concubins. Une première en Chine.


La nouvelle loi interdit désormais toute forme de violence conjugale, et punit les fauteurs de troubles, que ce soit pour les couples mariés ou pour ceux qui cohabitent. Pourtant, selon la Fédération des femmes de toute la Chine, émanation du parti communiste chinois, entre 25% et 40% des femmes mariées ou en couple subissent encore des violences de leur conjoint (ce qui fait des dizaines de millions de personnes) alors que moins de 50 000 plaintes sont déposées chaque année.

Dans la plupart (90%) de ces cas connus, des hommes ont abusé de leurs épouses.


Les lieux d'accueil pour femmes battues sont encore rarissimes : environ 400, dont certains abandonnés ou désaffectés, pour une population de 1 milliard 300 millions de personnes.

Malgré la loi, ce tabou persiste au coeur de la nouvelle société de consommation chinoise...


Un cas emblématique et dramatique

Une affaire avait fait bouger les choses et les mentalités en avril 2015 : une femme condamnée à mort pour le meurtre de son mari avait vu sa peine suspendue.

Son cas avait ému le pays entier : à peine mariée, en 2009, Li Yan avait subi les sévices de son époux - brûlures de cigarette sur le visage, coups, et même un doigt coupé.

Un an plus tard, alors qu'il la menaçait d'un fusil à pompe, elle avait réussi à le lui arracher, et l'avait battu à mort avec l'arme. Condamnée à mort en 2011, une campagne de soutien - comme celle qui a accueilli en France cet automne la (re)condamnation à 10 ans de prison (Puis Grâce présidentielle) de Jacqueline Sauvage, pour le meurtre d'un mari violeur et violent -, avait entraîné la Cour suprême à ordonner un nouveau procès et à suspendre la sentence de mort.

Ce qui a entrainé à une lourde condamnation carcérale. "Une décision très politique" selon les défenseurs des droits des femmes...


L'implication et l'effets des réseaux sociaux...

Une femme battue finit par obtenir le divorce grâce au soutien des réseaux sociaux

La vidéo d’une femme qui se défenestre pour échapper aux coups de son mari a ému l’opinion publique chinoise. Pas la justice, qui a tardé à accorder le divorce à l’épouse. Un cas qui illustre le conservatisme encore fort des autorités

Avant que la Chine ne se dote en 2016 d’une loi contre les violences domestiques, des manifestantes brandissaient des pancartes à Pékin en 2012 : « La violence conjugale n’est pas l’amour », « Vas-tu garder le silence si tu es témoin de violences conjugales ? » et « Il n’y a pas de zone de non-droit pour la violence conjugale ». SIMON SONG/SCMP


Le 13 août 2019, M. Dou empoigne sa femme et la jette à terre.

Il la frappe et lui arrache son téléphone des mains pour l’empêcher d’appeler la police.

Alors qu’elle se jette vers la porte, il la rattrape, la pousse à nouveau, et ferme à clé leur petite boutique de vêtements. Il l’empoigne alors par les cheveux et la traîne à travers le magasin, avant de lui assener encore quelques coups.

Puis il l’entraîne vers le deuxième étage pour continuer sa besogne à l’abri des regards.

La dernière image est captée par la vidéosurveillance à l’extérieur du magasin : on y voit le corps de Mme Liu qui s’écrase au sol.

Pour tenter d’échapper à son bourreau, elle a fini par sauter du premier étage. Une chute qui lui inflige neuf fractures.

Un an plus tard, Mme Liu n’a pas retrouvé l’usage de ses jambes, mais elle a enfin obtenu le divorce.


Le 10 juin 2022, une nouvelle violente agression contre une femme choque après sa diffusion en ligne…

La scène, filmée par une caméra de vidéosurveillance dans un bar du Henan relance, une nouvelle fois, le débat sur les violences faites aux femmes et sur la sécurité dans le pays en général.

Capture d’écran des images de l’agression de deux femmes dans un restaurant dans la ville de Tangshan (Chine), le 10 juin 2022. EYEPRESS NEWS / REUTERS


Les images de vidéosurveillance ont choqué les internautes chinois : dans un bar du Henan, dans le centre de la Chine, la porte des toilettes s’ouvre d’un coup et une jeune femme tente de s’enfuir avant d’être rattrapée par un homme qui l’agrippe, puis la traîne par les cheveux vers les toilettes avant de refermer la porte.

Les clients, tous des hommes, hésitent. Jusqu’à ce qu’une femme décide d’ouvrir la porte à coups de pied, bientôt aidée par d’autres clients. Le soir des faits, l’agresseur et la victime ont été entendus par la police, et relâchés dans la foulée. Il a fallu que les images de vidéosurveillance soient diffusées en ligne, suscitant l’indignation du public chinois, pour que la police relance l’enquête....

L'affaire suit son cours...







© K. Kataoka / AP / Sipa

Le président Xi Jinping devant des dizaines de milliers de personnes lors de la célébration du centième anniversaire du Parti communiste chinois, le 1er juillet 2021.




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